J’aimerais aujourd’hui évoquer l’emploi de l’expression « petite boulette » …
« J’ai commis une petite boulette » se dit d’un incident mineur, sans conséquence dramatique.
D’ailleurs l’emploi de l’adjectif « petite » sur un mot qui signifie déjà « petite boule », renforce le caractère anodin de la chose à qualifier : un renversage de café, un bourrage papier de photocopieur, la perte d’une carte de cantine, l’oubli de ses clefs de voiture dans la voiture fermée a clef, bref … tout incident de la vie courante, ne mettant pas en danger l’existence, la santé, l’emploi, la crédibilité, le compte en banque, le bonheur d’autrui.
Je demande donc la requalification des faits suivants, votre Honneur :
L’envoi, par GDF, d’une facture à mon nom, m’informant d’un prochain prélèvement de la coquette somme de 661 euros en règlement de ma facture de gaz du mois d’octobre !!!! (je précise à toutes fins utiles que je ne loge pas dans un palais bavarois de 400m2, et que vivant seule, même en prenant deux douches bouillantes de 4h, matin et soir, je vois pas comment je pourrai arriver à une telle consommation d’énergie gazifière). Au cours d’un entretien téléphonique avec une personne de la société précédemment susditée, le monsieur m’informe qu’il s’agit d’une « petite boulette »… Moi bizarrement quand je vais aller expliquer à mon banquier un décalage de trésorerie de 620 euros pour le mois d’octobre, on va plutôt me parler de « scandale dans la gestion de mon budget, et je vous invite, Mademoiselle Ladoux, à consulter plus fréquemment votre compte sur internet afin d’anticiper ce genre de calamité gnagnagnagna …..».
Je demande donc que toutes erreurs dépassant les 20 Euros par prélèvement automatique soient qualifiées au minimum d’ « énorme bourde », ce qui donne en langage d’entreprise ou d’administrations publiques « d’erreur regrettable, veuillez recevoir l’expression de notre sincère désolation pour les dommages que nous aurions pu vous causer … ».
La préparation de mon plat de déjeuner au micro onde, par mon associée, qui en dépit des instructions, pourtant à la portée d’un enfant de 12 ans, de la société Picard concernant le temps de préparation de mes lasagnes Chèvre/Epinard évalué à 8 min pour un micro onde, a tenu à faire chauffer mon assiette plus de 12 min ! Je me suis donc brulé le palais en long en large et en travers, j’ai des cloques et je pèle de la bouche, et je vous épargne le fait que manger et boire toutes boissons caféinées m’est devenu un vrai supplice ! ca encore c’est une petite boulette ! Dans certains pays on considérerait ca comme une tentative de meurtre ! Alors si la démocratie et ses libertés constitutionnelles permettent à tout un chacun de tenter d’éliminer son prochain sous couvert d’incompétence et de débilité propre à chaque être humain, alors je crie « vive la République » !
Et enfin, Votre Honneur je tiens à porter à votre connaissance que j’ai plusieurs témoignages sous le coude qui pourront attester de mon caractère plutôt rigolard (oui j’aime la blagounette, parfois lourde et à profusion) et je ne suis pas tellement susceptible ni protocolaire ni même a cheval sur les principes, que j’estime souvent cons, de la bienséance. Par contre, m’apercevant que mon associée, vend à un futur client par mail, mon cul comme prestation annexe aux services, plus habituels, que propose notre société, je me permets alors d’émettre quelques doutes quand à la portée commerciale en terme de crédibilité, d’une telle proposition aussi humoristique soit elle (j’utilise le terme « humouristique » car c’est celui employé par l’auteur des mails. Je précise que pour ma part j’aurai plutôt utilisé le champ lexical du désastre ou de la pathétie pour qualifier de tels agissements, comme de bien entendu cette blague ne m’a pas arracher le début de l’esquisse d’un rictus). Comme réponse à mes doutes, on m’a donc signifié que ce mail était drôle et qu’au pire il ne constituait qu’une « petite boulette ». Alors moi je dis que quand une boulette de papier mâchée, de taille réduite, fait qu’aujourd’hui on utilise le terme « sulfureuse » pour me qualifier dans tout l’immeuble de mon lieu de travail, alors la boulette est un boulet, et le papier est de l’acier. Oui monsieur, rendons à César ce qui lui appartient, et appelons un chat un chat. Parce que là, à cause d’une boulette, je passe pour une poulette !!!!
…….j’avais prévenu, je suis très drôle, et ce, même en situation extrême de danger …
jeudi 23 octobre 2008
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1 commentaire:
ne laisse surtout pas cette page ouverte devant la dite collegue...se serait une vrai boulette!!!
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